zdraztvitié

17 janvier 2017

Kehnide Wiley

P1070721

Exposition qui s'est tenue du 20/10/2016 au 15/01/2017 au Musée du Petit Palais à Paris.

Né en 1977 à Los Angeles, d'un père originaire du Nigéria et d'une mère afro-américaine, Kehnide Wiley est titulaire d'un Bachelor of Fine Arts du San Francisco Institute obtenu en 1999 et d'un Mastel of Fine Arts de l'Université de Yal obtenu en 2011.

Il vit et travaille à Brooklin. Son style se caractérise par la volonté de replacer l'homme noir au coeur de l'histoire. Réflexion sur l'identité raciale, sexuelle, sa peinture crée des collisions entre l'histoire de l'art et la culture de la rue. L'artiste héroïse et érotise ceux qui d'ordinaire sont "invisibles", les traditionnellement exclus des représentations du pouvoir. Son oeuvre réinterprête le vocabulaire de la puissance et du prestige, oscillant entre critique politique et aveu de fascination face au luxe et à la grandiloquence des symboles de la domination masculine occidentale.

Kehnide Wiley repère ses modèles, symboles de l'identité et de la fierté noires, dans les rues de New York, et les fait poser au geste près pendant des heures devant les toiles du Titien ou de Gainborough qu'il veut leur faire incarner. Séance photo, puis retour à l'atelier.

Pour le Petit Palais, Kehnide Wiley poursuit son exploration de l'iconographie religieuse en faisant référence au Christ, et pour la première fois à la figure de la Vierge. Ainsi des vitraux étaient installés sur une structure exagonale au sein de la galerie des grands formats au rez-de-chaussée du musée, tandis qu'ils étaient accompagnés au sous-sol par 4 peintures monumentales.

P1070713

Mon avis : Volodia

Je ne connaissais absolument pas cet artiste ni ses oeuvres, et c'est une magnifique découverte. Il a une manière bien à lui de dépoussiérer l'art du vitrail, de même Diego Tolomelli, dans un autre style il est vrai, mais avec autant de talent et d'idées. Quant aux oeuvres peintes, que dire sinon que j'ai été subjugué devant tant de beauté. Elles sont tout à la fois esthétiques, majestueuses et poêtiques. 

Petit regret tout de même qu'il n'y ait pas sufisamment de toiles exposées. Que les livres retraçant le parcours de cet artiste soient tous écrits en anglais !

 

Les photos de l'exposition des oeuvres de Kehnide Wiley sont dans la partie album photos du blog

 

Posté par chezVolodia à 19:57 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,


15 janvier 2017

The Color Line - Musée du Quai Branly à Paris

P1070704

cette exposition s'est tenue du 04/10/2016 au 15/01/2017

Elle avait pour objet le rôle joué par l'art dans la quête d'égalité et d'affirmation de l'identité noire dans l'Amérique de la Ségrégation. L'exposition rend hommage aux artistes et penseurs africains-américains qui ont contribué, durant près d'un siècle e demi de luttes, à estomper cette "ligne de couleur" discriminatoire.

Si la fin de la Guerre de Sécession en 1865  a bien sonné l'abolition de l'esclavage, la ligne de démarcation raciale va encore marquer durablement la société américaine. L'exposition The Color Line revient sur cette période marquante aux Etats Unis à travers l'histoire culturelle de ses artistes noirs, cibles majeures de ces discriminations.

Les historiens américains considèrent habituellement que la ségrégation débute en 1877 avec les lois dites "Jim Crow" qui sont mises en place à la fin des douze années de la période de reconstruction (période qui suit l'abolitation de l'esclavage en 1865). Il faudra attendre près d'un siècle pour que ces lois racistes soient abolies en 1964 par Lyndon B. Johnson qui promulga Le Civil Rigths Act, donnant enfin une satisfaction, au moins égale, aux longues et dures luttes menées par les Africains-Américains contre la condition qui leur était faite.

L'appellation "Africain-Américain" est utilisée de façon généralisée depuis la fin des années 1980. Cette évolution de vocabulaire utilisée pour parler des noirs américains depuis la ségrégation a été adoptée par et pour les noirs américain, elle affirme leur double identité à égalité. De nombreux termes, certains profondément raciste comme coon ou nigger, ont été utilisés par les blancs pour désigner les noirs aux Etats-Unis. Paradoxalement le terme nigger (ou nigga comme disent aujourd'hui les rappeurs) a aussi été utilisé par les noirs entre eux, alors que dans la bouche d'un blanc, il demeure une insulte intolérable. L'adjectif  colored, plus neutre, a beaucoup servi pendant la période de la ségrégation et a été repris  dans l'intitulé de la NAACP, La National Association for the Advancement of Colored People fondée en 1910. Certains autres termes ont été assumés par les intéressés eux-mêmes comme Negro ainsi que se désignait le grand écrivain Ralph Ellison. L'expression New Negro quant à elle a été lancée par le philosophe Alain Locke pour caractériser les acteurs de l'effervescence culturelle des années 1920 qu'on a ensuite baptisée Harlem Renaissance.

P1070699

 

Les années 1960-1970, marquées par de nombreuses violences, l'ont été sur le plan linguistique par l'utilisation généralisée du terme Black : Black Power, Bkack Muslim, Black Panthers, panters, Black is beautiful. Quant à l'Africain-Américain la date précise de l'apparition de cette apellation est difficile à repérer, mais le pasteur Jesse Jackson l'a utilisée dans un discours de 1988.

Des thématiques racistes du vaudeville américain et des spectacles du 19ème siècle à l'effervescence culturelle et littéraire de la "Harlem Renaissance" du début du 20ème siècle, des pionniers de l'activisme noir au réquisitoire de la chanteuse Billie Holiday, ce sont près de 150 ans de production artistique - peinture, sculpture, photographie, cinéma, musique, littérature ... qui témoignent de la richesse créative de la contestation noire, dont les artistes présentés dans cette expositin ont presque toujours été des marginaux en leur temps.

Les photos de l'exposition se trouve dans le côté album du blog.

Mon avis : Volodia

Très belle exposition, très riche tant au niveau culturel que par la diversité et le nombre des oeuvres présentées. Ces lois ont permis un racisme d'Etat en faisant passer les noirs pour des sous-hommes, et de ce fait, légitimer toutes les exactions commises à leur encontre.

Les oeuvres exposées en témoignent, mais mettent également en exerguent la volonté de ce peuple de vouloir exister en tant qu'hommes ! et de montrer le long chemin parcouru pour gagner une dignité et des droits, par seulement civiques, mais des d'exister et au respect tout simplement. le droit de marcher debout la tête haute et non le devoir de descendre du trottoir pour laisser passer la race qui se croit supérieure. 

Grâce à cette exposition, j'ai enfin pu comprendre pourquoi les africains-américains de l'époque surexposaient leur photo, pour paraître plus blanc, idem le fait de se faire défriser les cheveux. Vouloir être accepté à tout prix, au risque d'en être ridicule à vouloir un physique impossible à atteindre et de perdre son identité !

04 janvier 2017

LGB.... T ??? et Cie

drapeau gay

Tout le monde connaît la signification de ces lettres, mais si je dis : LGBTIQA le sigle est déjà moins connu, il signifie : Lesbian, Gay, Trans, Intersexe, Queer, Asexuel. Si l’on continue à rajouter des lettres pour chaque groupe de personnes qui s’estiment différentes et exigent d’être représentées on risque de voir un logo imprononçable (mais bon, nous avons encore de la marge puisqu'il existe 26 lettres dans l'alphabet...) !

Si les Lesbiennes, Gays et Bi, sont tout à fait bien dans leur genre et revendiquent le droit d’aimer leurs semblables, les plus semblables possibles pour certains. Les revendications Trans, Inter-sexe, Queer, diffèrent totalement, leurs revendications, elles, portant sur le genre à savoir, qu’ils/elles ne s’identifient pas à leur sexe physique, mais à leur genre psychique. Quant aux Inter-sexes le problème est encore ailleurs puisqu’il s’agit de personnes souffrant de malformations génitales, à qui on fait souvent subir des interventions chirurgicales lourdes dans leur enfance, et qui ne correspondent pas toujours à leur état psychique une fois devenus (ues) adolescent ou adulte. Les Queer quant à eux et/ou elles ont un genre fluctuant, à savoir, sauf erreur, qu’ils/elles ne s’identifient pas à un genre déterminé, celui-ci variant selon les situations, et les personnes susceptibles de leur plaire peuvent être aussi bien des femmes que des hommes. Quant aux Asexuels, le mot à lui seul résume tout.

Bref tout cela pour dire que rien n’est simple et que d’un seul mouvement Gay et Lesbien, Bi à l’origine (les travestis garçon et/ou filles) étant englobés dans ces deux catégories, on se retrouve avec des extensions à n’en plus finir, des revendications qui n’ont ni queue ni tête et un imbroglio magistral ou toutes ces associations se font la guerre, chacune tirant la couverture à elle, laissant amer celles qui n’ont pu obtenir satisfaction. 

trangenre

Les communautés Transsexuels (les), Transgenres et Inter-sexes étant les plus discriminées, mais également les plus complexes à comprendre avec une agressivité et une intolérance à tous ce et/ou ceux/celles qui n’abondent pas dans leur sens, et des revendications bien spécifiques. Celles-ci n’ayant pas grand-chose à voir avec les LGB, s’est posé la question de dissocier le T du sigle LGBT. Ce qui à mon sens serait logique étant donné que Mme Hélène HAZERA grande bouche, faisant partie des représentantes Transgenres les plus en vue (j’insiste sur ce nom et non Transsexuelles) passe son temps à cracher son venin, sa hargne et sa rancœur sur l’inter LGBT estimant que celle-ci ne fait rien pour les Trans, et bla bla bla et ragnagna…Je propose donc à cette personne de monter elle-même aux créneaux pour défendre sa cause et, idem, je demande à Monsieur Thierry SCHAFFAUSER, d'arrêter de polluer nos manifestations, en demandant que soit reconnu le SRAS (pour une prostitution des deux sexes et transgenre, libre et choisie ).… !

Le problème des T est récurrent : Certains sont de véritables transsexuels (les) qui sont mal dans leur sexe de naissance (théorie du genre, quand tu nous tiens) et qui vont jusqu’au bout de leur réassignation d’identité en subissant les interventions chirurgicales mettant en adéquation leur sexe et leur psychique. Toutefois, les Transsexuels (les) veulent une prise en charge à 100 % par la Sécurité Sociale des frais de réassignation, alors qu’ils/elles ne souffrent d’aucune infirmité physique et que le syndrome de la transsexualité a été dépsychiatrisée (avec bien du mal). Donc, en foi de quoi, la Sécurité Sociale devrait-elle prendre en charge un mal être psychique ? En quoi serait-il prioritaire sur une affection physique telle  un cancer, une maladie génétique, etc… ?

D’autres T (transgenres MtF masculin vers féminin et FtM féminin vers masculin), rejettent formellement toutes formes d’interventions génitales - qui bien évidemment les rendraient stériles - mais encore, veulent des papiers d’identité officiels du sexe opposé au leur. Pour moi ces dernières personnes sont des transgenres et/ou trans-identitaires comme ils/elles souhaitent être nommés (ées). Et bien évidemment ces personnes veulent un accès libres et gratuit à un changement d’identité, et aux services de santé (hormones, testostérone, etc …) ben voyons !

Si je suis tout à fait sensibilisé et réceptif aux difficultés des personnes transsexuels (les), que je trouve inadmissible qu’une fois la réassignation faite ils/elles doivent galérer comme ce n’est pas permis pour obtenir des papiers conforment à leur genre, et donc du travail et une vie sociale décente, je le suis beaucoup moins vis-à-vis des transgenres qui, à mon sens, sont incohérents (tes) dans leurs revendications. Si tu te sens une femme (un homme), que tu vis comme une femme (un homme), que tu te dis avoir toujours été une femme (un homme), tu vas jusqu’au bout de ta réassignation. Sinon et bien tu assumes ta vie hors norme, y compris financièrement, et tu ne viens pas chouiner auprès d’une société que tu exècres, mais que tu n’hésites pas à solliciter. Ooui oui je sais, je suis "transphobe", et alors...... C'est mal ! 

drapeau intersexe

Pour les inter-sexes qui refusent les mutilations subies à la naissance ou étant enfant sans leur consentement et, revendiquent le droit de choisir le genre et le sexe qui leur convient à l’âge adulte. C’est défendable. C’est défendable mais difficile à réaliser.  Comment blâmer un parent ou un médecin qui constate, à la naissance d’un enfant, une malformation et propose aux parents d’intervenir pour y remédier ? Qui dit que cet enfant, en entrant à l’école n’aura pas de problèmes (moqueries ou autres) sera-t-il en mesure de supporter une telle situation jusqu’à un âge où il puisse prendre lui-même une décision et ne sera-t-il pas trop tard ? Quel cas de conscience pour les parents de laisser une situation en l’état ! Par ailleurs, s'il y a malformation génitale et bien que je ne sois pas spécialiste de la question, je doute de la fonctionnalité des organes incriminés, donc l'histoire de la stérilisation ne tient pas.  Bref ! Tout cela pour dire que certaines organisations, présentent des revendications, aberrantes, à mon sens, qui n'ont pas leur place parmi les LGB.

Posté par chezVolodia à 18:49 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,

21 décembre 2016

Il a osé !

soph_0602200341_gayJ'avais il y a un certain temps déjà offert un short en cuir noir à roudoudou, mais il n'avait pas eu l'air d'apprécier ce présent et donc ne l'avait jamais porté. Il faut dire, que ce n'est pas une tenue facile à gérer dans les endroits ou nous nous rendons... Toujours est-il que je n'y avais plus fait allusion voyant son peu de succès.

Mais oh surprise, vendredi alors que nous nous apprétions à partir, je l'ai vu sortir de notre chambre, vêtu d'un polo blanc, du fameux short, les pieds revêtus de chaussettes blanches retombant sur des rangers noir. Oups, qu'est-ce qu'il me faisait là ! j'étais sidéré. Lui qui avait regardé ce vêtement avec suspicion le portait à présent avec une élégance équivoque et semblait en éprouver un certain plaisir. Pour le coup, c'est moi qui n'étais plus dans le ton avec mon jean, ma chemise à manches longues et mes mocassins. Bon ! retour case vestiaire ou j'ai troqué le tout de façon à être en harmonie avec lui. Ce qui voulait dire jean de cuir noir, chaussures montantes même couleur et toujours chemise blanche. En nous regardant dans la glace j'ai trouvé que nous faisions vraiment ce que nous étions, des PDs et qui plus est des PDs cuir. Manquait plus que la casquette et le bandana dépassant de la poche. Mais je ne pouvais rien dire, c'était de ma faute aussi, qu'elle idée m'était passée par la tête de lui offrir un tel vêtement ??? un fantasme inavoué ? Bref, nous sommes partis, devinez où ? dans le Marais bien sûr, lorsque nous sommes arrivés là ou nous devions, j'ai eu peur de rencontrer quelqu'un de la schull, mais non l'office était terminé et toutes ces bonnes âmes devaient diner en paix sans se  douter que A.. l'apikor enfreignait une fois de plus les lois sacrées.

Nous (enfin, j'ai) plus ou moins longé les murs et me suis faufilé plutôt que ne suis entré dans le restaurant. Comme il fallait s'y attendre, les regards ont convergé vers nous mais, nous étions en "pays" de connaissance et nous nous sommes installés à notre table. Du coin de l'oeil je surveillais discrètement roudoudou et qui le regardait avec insistance. Hum oui, je suis un peu méfiant, non de lui mais de ceux qui auraient eu l'envie de l'approcher. Son physique et sa tenue vestimentaire pouvant mettre le feu à n'importe quel pantalon de ce bar. Mais qu'est-ce qui lui a pris ? Pendant tout le repas et une bonne partie de la soirée j'ai cherché à comprendre ce qu'il avait en tête (hum, j'ai eu ma réponse plus tard dans la nuit). Pour une fois, il n'a pas trop chipoté et a dîné à peu près correctement. J'aurais peut être la chance qu'il prenne un peu de poids... Hum oui, on peut rêver !

Après le repas, nous sommes descendus au dancing ou nous avons du nous frayer un chemin jusqu'au bar pour commander un gin fizz pour lui et une vodka pour moi. Ensuite, nous avons fait comme les autres, nous avons essayé de nous déhancher sur une musique syncopée et ce, malgré le peu de place qu'il y avait. Le temps que j'aille chercher nos boissons, un type essayait déjà de le brancher sur je ne sais quoi, pendant qu'un autre le reluquait de façon éhontée. Mon humeur commençait à changer quand il m'a dit, " viens A... allons-nous en !" Décidément  cette soirée était pleine d'imprévues. 

Dans la rue, il m'a demandé ce que j'avais pensé de cette soirée et qu'est-ce que cela me faisait de le voir habillé comme cela. Et de la façon dont il m'a posé la question, j'ai compris, tout c'est éclairé. Je l'avais choqué et humilié en lui offrant une "tenue de pd". et il me l'a fait payer en ce conduisant comme tel. C'est lui évidemment qui avait raison, je n'avais pensé qu'à moi en lui offrant cette tenue, j'avais tout simplement oublié que S... n'est pas européen et que son ressenti en la matière ne pouvait qu'être différent de celui escompté. Et, vlan A... prend ça en pleine figure ! Encore heureux que je ne lui ai pas offert des "chaps...

Posté par chezVolodia à 19:43 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : ,

20 novembre 2016

Le coming out cette manie !

Coming out

D’où est-elle venue ? Depuis quelques années, elle court, fleurie et s’invite partout : sur les forums, dans les débats, les manifestations sans qu’on ne sache réellement d’où vient cette propension à vouloir dévoiler, voire étaler au vu et au su de tout le monde son moi le plus intime.

En quoi cela concerne-t-il le commun des mortels de savoir envers qui vont nos sentiments amoureux, avec qui nous partageons notre lit ? En quoi cela nous importe-t-il de savoir que tel homme ou telle femme « en est », et de quoi ? Homo, lesbienne ?? Qu’est-ce que cela nous apporte ??? Notre regard sur lui ou elle, sur ses idées, son comportement influencera-t-il notre jugement ? Et si oui, de quel droit nous arrogeons-nous le droit de juger autrui ?

En quoi, une personne médiatisée se devrait-elle de préciser son attirance pour ses semblables, les plus semblables possibles ? Certaines grandes bouches de la cause LGBT et non des moindres justifient le coming out au nom de la vérité, mais de quelle vérité ? A partir de l’instant ou on ne nous/leur demande rien ? ! Il paraîtrait également que cela inciterait de jeunes lgbt à se sentir mieux dans leur peau ? Hum oui, je reste dubitatif ? Mais, pourquoi pas si le coming out est fait par la personne concernée. Mais de quel droit, si l'aveu est forcé, imposé par les circonstances ou dévoilé, dénoncé par d'autres, des personnes mal intentionnées avides de scandales ! Car sous prétexte du bien être des uns, ne risque-t-on pas de mettre mal à l’aise les autres ? Sans oublier une atteinte à leur vie privée et à leur liberté ! Car même si le fait d’être homosexuel (le) ne fait plus partie du classement des maladies mentales, il n’en reste pas moins que pour beaucoup, cela révèle une déviance, perverse ou pas peu importe, cela reste une exception au regard de la norme. Aussi, inutile de vouloir persuader des personnes qui pensent ainsi. Elles ne changeront pas d’avis, c’est du temps perdu et de la fatigue intellectuelle inutile !

Par ailleurs, j’en reviens toujours au même sujet. Nous réclamons à être comme les autres, pas supérieurs, mais égales aux autres. De claironner à tout va et à n’importe qui ce que nous sommes, ne risque-t-il pas au contraire de nous porter préjudice ? Si le fait de se dévoiler rend certaines personnes en phase avec elles-mêmes pourquoi pas, et je reconnais qu’il faut une certaine dose de réflexions/courage pour ainsi se mettre en avant, au risque de briser une carrière, un foyer. Alors que pour la plupart du temps, les gens que nous fréquentons ou avec qui nous avons des relations professionnelles ou autres, y sont indifférents au plus haut point. Le fait de vouloir se démarquer à tous prix, ne révèle-t-il pas au contraire, notre envie d’exister par cette différence voire de choquer ?

Certains (nes) jouent sur ce registre pour, le pensent-ils, avoir accès plus facilement à la notoriété (sous-entendu, beaucoup d’homos dans le spectacle, dans les médias…), parce qu’ils sont convaincus d’un lobby gay : riche et puissant. D’autres, parce qu’ils aspirent être un modèle pour la « pseudo » communauté lgbt, se vouloir être reconnu (e) par elle, en devenir une icône, écoutée, voire respectée. Voir sa parole, son opinion, ses prises de position peser sur la société ? D’autres encore pensent qu’ils se sentiront mieux s’ils le disent, l’annoncent à leur famille et à leurs proches, bref….. Tout un tas de raisons aussi diverses que variées qui ne me satisfont pas réellement.

Je trouve particulièrement mal venu d’exposer et d’étaler sa vie privée en public. Imaginons ce qui se passerait si un hétérosexuel faisait son méa culpa d’aimer le sexe opposé… Ridicule, grotesque ! On se fiche royalement de ce que Mr aime Madame ou inversement donc …. Aucune personne sensée ne se présente, ou au fil de la conversation n’annonce, de but en blanc, je suis hétéro, je suis homo. Cet aveu ne peut à mon sens ce faire qu’à un certain degré d’intimité. Et nos relations avec les personnes que nous côtoyons tous les jours nécessitent–elles ledit aveu ? A moins que nous ayons décidé de les mettre dans notre lit ou qu’une des personnes en question ait des vues sur nous, je n’en vois pas l’utilité ! Nous en sommes arrivés à un tel degré d’impudeur que bientôt nous en arriverons à nous justifier de ce que nous faisons ou pas au lit avec notre ou nos partenaires.

 

téléchargement

Pour notre part nous n’avons jamais fait de coming out et n’en ressentons pas le besoin, ni l’utilité. Nous sommes avant tout des hommes avec des qualités et des défauts. Nous ne sommes pas selon l'expression consacrée « dans le placard » donc nous n’avons pas à en sortir. Nous sommes mariés. Nous ne nous cachons pas, mais ne parlons pas notre vie privée (et encore moins intime) à tout le monde. Nous savons qui nous sommes, ce que nous sommes et c’est très bien ainsi ! Nos relations professionnelles et amicales se sont doutées que nous étions gays et en ont eu confirmation avec les années, puisque je vis avec mon compagnon et qu’elles ne nous ont jamais vu intime avec des femmes, mais aucune question n’a été posée, aucune remarque déplacée ou pas n’a été formulée. Nous n’en parlons pas, ni les uns, ni les autres, car il n’y a rien à dire ! Nous sommes un couple ordinaire confrontés comme n’importe quel couple a des difficultés, des joies, des peines, des ambitions et avec une vie intime comme tout le monde comme tous les couples.

L’homophobie, à mon sens vient d’une propension que nous avons à l’exhibitionnisme, à vouloir faire reconnaître et accepter par tous et partout ce que nous sommes, ce qui est quasi impossible ! 

Posté par chezVolodia à 19:41 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : ,


09 novembre 2016

Les pintades et autres greluches du Marais (2)

Lorrain_RouveyrePour un peu que vous y circuliez un soir, voire un samedi après-midi, vous ne pouvez que constater combien elles sont nombreuses à s’y retrouver, caquetant  à qui mieux mieux, s’évertuant à se faire remarquer par des attitudes extravagantes et des voix haut perchées. Regardant mine de rien ce qui se passe alentour, bavassant  sur les uns (es), les autres, énonçant des platitudes et salivant à la vue d’une éventuelle conquête, ne serais-ce que pour un coup d’un soir.

Ces "délicieuses volatiles", installées aux terrasses de l’Open Café entre autres…pour voir et être vues  s’observent, se jaugent, s’évaluent, ont la critique acerbe. Certaines se lancent dans des discussions pseudos intellectuelles, piapiatant sur la mode, la décoration, le cinéma, persuadées de l’intérêt des autres pour leur conversation et d’être à l’apogée d’un mouvement novateur, tout en surveillant du coin de l‘œil l‘effet produit sur ceux et/ou celles passant à portée de voix.

cartoon_funny_picture_of_top_chef_tom_colicchio_recipes_cook_is_tom_colicchio_gayNous aussi, comme tant d’autres pintades,aimons à nous balader dans ce que nous appelons le miroir aux alouettes de la gaypédétude, le Marais ayant remplacé avantageusement à nombres d’égards le Saint Germain des Prés et la rue Saint Anne d’autrefois. Comme nos « copines » et consœurs, nous aimons nous attabler en terrasse et regarder passer la foule, car il y a bien foultitude et ce tous les jours et soirs de la semaine. Comme elles, nous nous amusons à comptabiliser les folles, éparpillées ça et là, l’œil et le pantalon aguicheurs, attentifs à qui les observe et surtout de quel endroit. Certaines plus hardies que les autres se risquent à des sourires complices avec les badauds en terrasse, d’autres plus farouches se contentent de passer fièrement l’air pressé, le regard perdu dans leurs pensées.

Le Marais, lieu mythique ou convergent presque toutes les volailles, greluches et autres tafioles de Paris, et  toutes celles de Navarre, avec dans l’idée, pour certains d’être intégrés dans ce que l’on peut nommer une « communauté », et d’y briser leur solitude avec plus ou moins de bonheur et à plus ou moins long terme. Pour d’autres ce sera tout simplement pour trouver un « plan cul » , un restaurant ou une boite, pas forcément sympathique niveau nourriture ou amabilité, mais labellisé gay. Histoire de faire travailler les copines.

chris_ciccone_caricatureMais s’il est une chose que nous nous avons toutes et tous en commun (mêmes celles et ceux qui se disent hors milieu) et dont nous avons bien conscience, que l’on soit volailles, volatiles et/ou chapons, c‘est d‘être une minorité qui bien que grandissante, aime à se retrouver entre elle (par goût, mesure de sécurité et/ou de protection ?) , et qui pour ce faire investit des quartiers, crée des commerces, des modes. Nous avons des signes, des codes d’identification indéchiffrables pour les non initiés mais parfaitement reconnaissables, et au combien rassurants, pour les membres de « notre communauté » qui peuvent ainsi sans se tromper trouver des affinités et s’y regrouper.

Hum oui, enfin, toute cette prose pour dire que j’aime notre visibilité et vous y compris que vous soyez pintades et/ou greluches car si c‘est par vous que nous avons longtemps été désignées et souvent honnies, c’est en grande partie grâce à vous que notre cause a avancé.

Posté par chezVolodia à 20:36 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , ,

21 octobre 2016

Les insupportables litanies et fantasmes de Didier Lestrade

Ce n’est que sur le tard, le très tard que j’ai pris conscience de la réelle personnalité de Didier Lestrade. Bien que ne lui ayant jamais parlé physiquement, j’ai toujours eu une certaine sympathie envers lui, quid pour son combat contre la maladie et l’obscurantisme et l’omerta des médias et du gouvernement lors de son émergence. Sa propension à dire des vérités qui appuie là où ça fait mal, à se dresser contre les injustices de toutes sortes qui étouffent la minorité lgbt (plus gays en fait que lgbt), sa détermination à faire passer des messages en force s’il le faut et ce jusqu’au boutisme. 

Ce qui bien évidemment m’a conduit à lire beaucoup, peut-être trop, ses écrits, ses livres et à regarder les émissions tv dans lesquelles il apparaissait. Non comme une « groupie » mais parce qu’il me semblait intéressant d’écouter les avis et recommandations d’un homme d’expériences reconnu et d’une certaine importance dans le milieu lgbt. 

Au même titre, je me suis  intéressé à son total opposé : Erik Rémès auquel  il voue une animosité féroce. Et bien que je ne sois pas du tout en osmose avec les idées prônées par ledit Erik Rémès, et le mauvais procès d’intention que lui fait Didier Lestrade, j’ai également eu envie de lire ses livres et de voir les émissions tv incluant ce dernier. Celles-ci m’ont laissé « dubitatif » Erik Rémès ne voulant absolument pas débattre sur ses idées avec Didier Lestrade estimant que celui-ci était un facho. Je dois avouer avoir eu un peu honte de l’attitude de Monsieur Remès, qui s’est comporté comme un gamin, avec cet argument digne d’une cour d’école. De fait, il s’est retrouvé « hué » par tous les invités refusant de s’expliquer plus avant. J’ai eu l’impression d’une meute se ruant sur une proie, Lestrade en étant le chef. 

Ceci dit, pour avoir lu quelques uns de ses livres et eu divers contacts écrits avec Erik Rémès, il en ressort que celui-ci est loin de l’image sulfureuse qu’on lui prête et/ou qu’il aime se donner. C’est une personne aimable, bien élevée et discrète, ses idées, même si elles ne sont pas les miennes, loin s'en faut, méritent qu’on y réfléchisse et qu’on les regarde autrement que comme des provocations, celles-ci étant sa marque de fabrique, il semble qu’elles lui aient attiré nombre de lecteurs et qu’il en joue jusqu’à plus soif. Ceci dit, à l’inverse de Didier Lestrade, qui vieillit mal dans le sens où il est seul, amer, pétrit de certitudes et refusant de se remettre en cause, Erik Rémès est à son contraire, aimé de retour et marié à son compagnon. Il continue d’écrire des livres trash avec toujours un certain degré d’implication personnelle, et est de plus, un artiste peintre de talent qui n’a pas besoin de médire sur ses semblables ou sur tel ou tel mouvement ou société pour exister. 

Mon problème avec Lestrade, c’est cette déception profonde envers un homme que je croyais à tort ou à raison humaniste, loin des contingences matérielles et faisant fi des contraintes intellectuelles de la Société dans laquelle nous vivons. Or, j’ai découvert au fil de ses livres un homme aigri, raciste, pétrit de son importance et bouffi d’une pseudo supériorité intellectuelle, persuadé d’avoir toujours raison et ce pour avoir traîné ses guêtres dans les endroits les plus interlopes de la capitale dans des années ou l’homosexualité explosait par son exubérance, et son impudeur souvent obscène. 

Arrivé au crépuscule de sa vie, il radote, ressasse de vieilles rancoeurs, devient ennuyeux. Tous ces livres finissant pas se ressembler dans leur conspuation à tout va de la société, de l’Etat, de la nouvelle génération homosexuelle et de ses désirs (qui bien évidemment diffère de ceux des années 80 eu égard aux avancées de leurs droits – en grande partie, grâce à des années de militantisme je le reconnais bien volontiers). Idem envers ceux qui ne sont pas de son avis, et à qui il voue une haine tenace telle  Fourest, Macé-Caron ? Car il faut bien le reconnaître ces personnes sont talentueuses, que ce soit en qualité d’éditorialiste et/ou d’écrivain. Y aurait-il une jalousie intellectuelle masquée par une extraordinaire mauvaise foi ? Cela ne m’étonnerait guère ! 

Quant au racisme de Lestrade envers la communauté juive, il est tellement primaire qu’il n’y a pas grand-chose à en dire… Toutefois, je m’interroge, serait-il dû au fait des ambitions de Didier Lestrade, et à son fantasme de finir sa vie avec un jeune compagnon magrhébin ou noir, les seuls sans doute, qui voudraient éventuellement de lui, après qu’il se soit frotté à toutes les véroles et, pour qui il ferait figure de mentor ? Ou bien serait-ce des relents de colonisation, une nostalgie de descendants de pied-noir, qui dans son esprit imagine que l’on peut encore utiliser « les fellah » comme bon lui semble ? A mon sens, il risque de grandes déceptions. Car si un jeune européen ne veut pas de lui, pourquoi un magrhébin ou un noir le voudrait-il ? Arrivé à cet âge et dans cet « état », si tu veux un jeune de moins de 30 ans soumis à tes fantasmes  il te faudra être généreux. Les hommes sérieux étant déjà en couple ou mariés. Pour les autres, ils sont comme toi, il recherche un jeune de moins de 30 ans avec peut-être quelques dizaines d’années de moins que toi, et mieux « conservé » ! 

Didier Lestrade est lourd de contradictions. Il dit tout et son contraire ! Il sacralise l’Islam, mais ne s’émeut guère des pendaisons pour homosexualité, dans les pays fondamentalistes. De même, il ne s’inquiète pas de ce qui se passe dans les banlieues ou des musulmans intégristes imposent des tenues vestimentaires aux femmes et maltraitent les jeunes gens jugés efféminés ou insuffisamment virils. Bref, les propos de Lestrade sont insupportables lorsqu’il écrit, ces lignes dégoulinantes d’un exotisme postcolonial, je cite : « … tomber amoureux d’un homme vraiment différent, qui pourrait m’apprendre des choses qu’un homme blanc ne pourrait m’apprendre ». 

D'admiration de l'homme, j'en suis arrivé à saturation, à un profond dégoût de son être et de sa personne !

Posté par chezVolodia à 19:36 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,

09 octobre 2016

Le Birobidjan

 

P1000178

Le Birobidjan :

Est un Oblast, c'est-à-dire une région autonome à l’intérieur d’un pays en attendant la création d’une nouvelle république rattachée à l’URSS.

Histoire :

Le Birobidjan a été créé par Staline en 1928, terre promise de l’histoire donnée aux juifs 2 000 ans après la bible et 20 ans avant la création de l’Etat d’Israël.

Après la Révolution d’Octobre en 1917, les juifs sont reconnus comme une nationalité au sein de l’URSS. Mais alors que les nationalités soviétiques ont normalement un territoire, les juifs n’en ont pas. En 1928, Staline décide donc de créer un foyer de peuplement juif au Birobidjan afin de faire une sorte d’Etat Juif avec le Yiddish comme langue officielle, langue vernaculaire par excellence, au détriment de l’Hébreu à connotation religieuse et sioniste (qu’en fait peu de personnes parlaient hormis les lettrés).

Cette province à la frontière de la Mandchourie, lovée dans les méandres du fleuve Amour, inhospitalière et glaciale, les températures pouvant descendre jusqu’à  moins 50 degrés est l’une des plus démunie et lointaine d’asie. Elle est censée répondre aux revendication de la communauté juive qui subit alors persécutions et pogroms. Déclaré « Unité Autonome Juive » en 1931, le Birobidjan est promu (Région Autonome Juive » trois ans plus tard soit en 1934.

En 1928, malgré de nombreux points faibles, cette République Autonome Juive a bénéficié d’un vaste mouvement de propagande vantant auprès des juifs cette nouvelle terre promise où toutes leurs aspiration pourront s’épanouir, ceux-ci ont du reste fortement été encouragés à s’y installer à grand renfort de primes.

En effet, le Comité Central exécutif de la République de Biélorussie considère comme une nécessité d’accorder une attention toute particulière à la terrible situation des masses ouvrières juives dont l’accès à plusieurs branches du travail productif avait été fermé par des restrictions et des persécutions depuis des siècles.

- Les juifs étaient parqués dans les provinces de « la zone de résidence » mais même dans ces provinces, il n’avaient pas le droit de résider hors des villes, des bourgades et n’avaient pas été admis dans la fonction publique, dans le travail des chemins de fer et l’industrie lourde. De plus, ils n’avaient pas le droit d’acquérir de terres, ni de vivre dans des villages (hormis les villages juifs : schtlet). Ils ne pouvaient que s’adonner aux commerces et à l’artisanat.

Les combats révolutionnaires juifs, ont suscité les persécutions acharnées du Gouvernement Tzariste. Sans droit libre de circulation, sans cesse en quête d’un morceau de pain, la populations juive s’agglutinait de plus en plus dans les villes et les bourgades et, sombrait toujours plus dans une terrible détresse.

La guerre civile, l’exil et l’errance, et enfin les pogroms aboutirent à l’appauvrissement de la masse juive jusqu’à l’extrême limite de la misère. A cela s’ajoute chaque année, aux milliers de victimes de guerre, d’autres victimes des pogroms et de la Contre Révolution. Sans moyen d’existence, obligés de s’offrir à la spéculation, la contrebande et/ou la mendicité -

Le développement de l’industrie est encore lent. C’est le travail agricole qui revêt une importance particulière. Parmi les masses juives ouvrières on remarque un attrait toujours plus grand pour l’agriculture.

Un plan prévisionnel ouvrant l’année 1927 à 1936 prévoyait l’insertion dans l’agriculture de 100 000 familles juives soit un demi-million d’individus.

En offrant ainsi une terre au peuple juif, on ne pouvait accuser le régime soviétique d’antisémitisme. De plus, contestée par la Chine voisine, il était nécessaire de peupler et de développer cette région où tout était à faire. Enfin, les nombreux intellectuels juifs ainsi éloignés de 7000 km de Moscou devenaient moins dangereux et consacreraient à en point douter leur nouvelle existence au travail agricole. C’était du moins ce que pensait Staline.

Bien qu’implantée loin de tous les lieux liturgiques de la communauté juive de Russie, des milliers de personnes décident cependant de partir s’y installer. Très vite les premiers immigrants sont rejoints par de nombreux autres, venus de France, des Etats Unis ou encore d’Amérique du Sud (juifs pour une partie et non juif pour une encore plus grande partie). Le premier « Etat Juif » sort de terre, des maisons se construisent par centaines, des routes sont tracées. Durant les premières années, la différence culturelle est encouragée : la vie artistique y est féconde, les écoles juives se multiplient, un théâtre juif est créé, une synagogue y es érigée, et on publie même un journal en yiddish, « l’Etoile du Birobidjan ». Un journal de deux pages certes, mais un journal quand même qui paraît régulièrement. Le kolkhoze Waldheim devient l’un des plus exemplaires de l’Union Soviétique. Mais même si la population juive frôle dans sa meilleur période environ 30 000 âmes, on restait très loin du demi-million qu’espérait Staline.

 

Le Déclin :

En 1930 les purges Staliniennes déciment les personnalités les plus motivées du Birobidjan et fait sombre la jeune région dans le délabrement. En 1939, seul 25 % des juifs de la République Autonome habitaient à la campagne, car un grand nombre de sols s’étaient révélés marécageux et/ou impropre à la culture. Les colons issus pour la plus grande majorité des villes rechignaient en outre à apprendre un nouveau métier dans un environnement hostile, préférant se concentrer dans la capitale. Par ailleurs la mystique du retour des juifs à la terre, perdit de son  importance quand les plans quinquennaux tournèrent vers l’industrialisation de l’URSS. La population juive tomba à 18 000 des 109 000 habitants de la région.

Pendant la seconde guerre mondiale, des réfugiés juifs s’y installent fuyant le front de l’Ouest. De 1946 à 1948 grâce à une vague de propagande lancée par le Comité Antifasciste, quelques milliers de juifs s’y laissent attirer. De 1948 à 1949 et bien que la  population juive atteigne 30 000 personnes, et suite à la terrible vague d’antisémitisme de la fin du régime stalinien (1947-1953). les écoles et le théâtre sont fermés. Quelques années plus tard la synagogue est brûlée. Toute revendication identitaire ou religieuse passe pour une entreprise contre-révolutionnaire. En 1948, la création de l’Etat d’Israêl mettra un terme définitif à cette République Autonome Juive.

Malgré des tentatives d’aides financières sous Gorbatchev la majorité des juifs qui restaient dans l’oblast émigra après la chute de l’URSS en 1991. Les traces du judaïsme qui restaient encore étaient très minces. En 2002 il ne restait que 2 327 juifs sur une population de 190 915 habitants, une synagogue et une journal écrit en yiddish : « l’Etoile du Birobidjan ». En 1991, l’oblast est passé de la juridiction du Kraï de Khabarovsk à la juridiction de la Fédération.

 

De nos jours :

Le Birobidjan comme le phénix semble renaître de ses cendres. Depuis 2004 on constate plus d’arrivées que de départs. Les écoles ont réouvert, une école du dimanche été créée, ainsi qu’une université nationale juive. Des clubs de jeunes et du troisième âge ont vu le jour ainsi qu’une troupe de danse et de théâtre, une chorale et un festival de la culture juive. Le journal : l’Etoile du Birobidjan » existe toujours même s’il est publié en Russe et n’offre plus que 4 pages en yiddish. L’apprentissage du Yiddish se multiplie dans la région, même pour les enfants qui ne sont pas de confession juive. Cependant, l’enseignement supérieur est dispensé en Russe et la maîtrise de cette langue exigée eu égard aux différents emplois. Un nouveau rebbe est arrivé d’Israël avec sa famille et a entrepris de faire connaitre leurs racines aux quelques juifs survivants.

 

Sources : Histoire juive de la Révolution à l’Etat d’Israël (René Neher-Bernheim)

                    Akadem

                    Gen Ami

                    

 

Posté par chezVolodia à 13:01 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

06 octobre 2016

En son absence...

534943_569432566425230_501209318_nVoilà presque deux mois que mon amour est en tournée à Londres. Il danse à la fois dans un ballet moderne et des danses classiques indiennes : Baratha Natyam et Odissi. La troupe a beaucoup de succès. Elle devait rester 15 jours et pour finir ne revient que fin octobre. Si je suis content pour lui, je suis inquiet. Les entraînements, les répétions font qu'il se donne à plus de 200%. Au fil de ses messages, téléphonés ou sur facebook, je suis plus ou moins mis au courant de ses soucis : ses chevilles et ses pieds le font terriblement souffrir, ça ne m'étonne guère, taper des talons pour marquer les temps avec de gros grelots aux chevilles, pas évident. Pour le ballet il doit faire des bonds et des "porter" qui vu son gabarit se révèlent très fatiguants. Ayant assisté à quelques répétitions, et bien qu'il n'en dise pas le quart, j'imagine très bien ce qu'il se doit de supporter. Mais bon, il est content, le public est très chaleureux. Il est également très fier, car en plus de son fixe, ses vacations ont été augmentées.

Roudoudou a ce côté oriental-asiatique qui fait que les hommes sont élévés pour subvenir aux besoins d'une famille. Bien que nous soyons deux hommes et que je travaille aussi. Il lui semble naturel, compte tenu qu'il a vu son père faire pareille avec sa mère, et que lui-même a fait la même chose avec sa maman, de me remettre chaque mois et à chaque vacation, ses bulletins de paie ainsi que ses salaires. De plus comme je suis commerçant, et que je fais la comptabilité de mon magasin, c'est pour lui un moyen de se décharger de la corvée des comptes.  Il faut voir avec quelle fierté il me remet ou pose sur la table, après chaque tournée ce qu'il a gagné. Je ne me sens pas le coeur de lui dire combien cela me gêne, car je me sens capable de subvenir à nos besoins à tous les deux, même s'il y a des mois ou le salaire que je me verse est inférieur à ce qu'il peut ramener chez nous, heureusement que je fais des traductions, enfin bref....

Malgré mes occupations professionnelles, j'oscille depuis qu'il est parti entre angoisse et déprime, quand ce n'est pas jalousie et oui, j'ai beau me dire qu'il ne m'appartient pas, que c'est un sentiment particulièrement moche. Et bien qu'il ne m'ait jamais donné l'occasion de douter de lui, je ne peux m'empêcher de penser à toutes les occasions qu'il doit avoir, à la concurrence que d'autres danseurs et/ou mécènes et/ou admirateurs peuvent me faire. Et je tourne et retourne de sombres idées toute la journée et surtout le soir, lorsque je me retrouve seul dans notre lit.

Londres, c'est si près et si loin. En raison des impôts qu'ils soient sur le revenu, fonciers, locaux et des nombreuses autres charges que nous avons, je n'ai pu m'y rendre comme je l'aurais voulu. De son côté, étant de représentation quasiment en continu y compris en matinée le dimanche après-midi, nos retrouvailles ont été assez espacées. Lorsque je vais à Londres, il me faut prévoir un petit budjet. Son meilleur ami avec qui il partage sa chambre a gentiment proposé à mon petit S...de la lui laisser en totalité, pouvant dormir chez un copain. Seulement voilà, je me sens mal de "chasser" un autre danseur de la chambre qu'il partage avec roudoudou tout ça pour que nous puissions avoir une partie de jambes en l'air (hum oui, je sais le terme laisse à désirer) toutefois c'est bien de cela qu'il s'agit. Aussi, lorsque je me rends à Londres en plus du train je prends une chambre d'hôtel, ce qui me revient avec les billets de train entre 300 à 400 euros, sans compter ce que je dépense sur place. Ca fait un peu pingre, mais malheureusement, la réalité et en ce moment, c'est hard.

Aussi, ce week end, c'est mon amour qui est venu sur Paris, je suis allé le chercher à 8 h 30 samedi matin, à l'Eurostar. Comme d'habitude il était chargé comme un mulet. Nous nous sommes vus en même temps et au diable la foule, nous nous sommes embrassés, les sacs nous entourant comme pour nous protéger, délimitaient notre espace privé.

Je lui ai proposé de prendre un petit déjeuner à la gare, mais non il voulait tout de suite rentrer chez nous, ce que nous avons fait. A peine arrivés, il a ( nous avons) joué les petits poucets entre l'entrée, le salon, et notre chambre ou il m'a emmené d'autorité. J'en étais bouche bé (hum bien que celle-ci soit occupée) mon amour étant plutôt réservé, même dans l'intimité. Et là ce fût un feu d'artifice renouvelé autant de fois qu'il a été demandeur, entre-coupé de siestes. En fin d'après-midi, j'ai réussi à l'emmener, avec bien du mal, au magasin que j'avais découvert pour lui faire choisir des articles de peinture, des toiles, des cahiers d'esquisse. Cela lui a fait plaisir, mais il n'avait qu'une envie, rentrer ! et quand il veut quelque chose c'est tout de suite immédiatement. Nous sommes donc rentrés chez nous et le restaurant "Chez Pouchkine" est venu nous livrer notre dîner.

Le dimanche matin, sous des trombes d'eau, je suis sorti acheter quelques douceurs à la boulangerie pour notre petit déjeuner. Je suis heureux, il a goûté à presque tout ce que je lui proposais. Il a par contre refusé tout net ma proposition de sortir dans la journée prétextant être fatigué, qu'il repartait ce soir, et qu'il voulait rester avec sa minette et moi. Moi qui croyais bien faire... Mais hum, tant mieux pour nous (sa minette et moi) il s'est montré tellement attentionné et affectueux qu'arrivée l'heure de son départ je me suis mordu les lèvres pour ne pas m'effondrer. Nous avions conclu dès le début de notre relation que je ne l'accompagnerais pas pour ses départs en tournée, c'est trop dur pour lui comme pour moi. Nous n'aimons ni l'un ni l'autre les adieux sur un quai de gare ou un aéroport, nous nous gardons pour nos retrouvailles. Aussi, je lui simplement faire un signe de la fenêtre lorsque son taxi s'est éloigné, gardant en mémoire son visage tourné vers la vitre arrière.

De son passage,  il n'est resté que son pyjama en tas sur notre lit. Son verre à thé à moitié bu, un gâteau grignoté et un peu de linge à laver. Son eau de toilette flottant dans toutes les pièces de l'appartement. Sa minette est restée derrière la porte espérant qu'il allait revenir, puis elle s'est fait une raison et est allée se coucher sur ses vêtements de nuit, qu'il m'est impossible d'attraper pour les laver, Mlle se roule dessus et les têtent espérant y trouver quoi ...?

Va me falloir vivre avec le souvenir de nos ébats toute la semaine, vendredi soir c'est moi qui irais à Londres !

Posté par chezVolodia à 20:51 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , ,

03 octobre 2016

Exposition Oscar Wilde 28/09/2016 au 15/01/2017

P1070564 (375x500)

Cette exposition intulé : "Oscar Wilde l'impertinent absolu" se tient au Musée du Petit Palais à Paris.

Elle retrace la vie d'Oscar Wilde depuis l'enfance, en passant par son apogée, pour finir par sa déchéance et sa mort le 30 novembre 1900 à Paris.

J'ai particulièrement apprécié cette exposition, très riche en documentation, en oeuvres d'art ou pour une fois, du moins en ce qui concerne cet écrivain, l'accent al été mis sur son oeuvre littéraire, ses pièces de théâtre, ses critiques d'art (assez acides) et sa poésie, et non comme souvent, sur son scandaleux procès pour homosexualité. 

Les photos sont interdites sur cette exposition. Ce qui est assez rare au Musée du Petit Palais, mais le conservateur en a décidé ainsi, beaucoup des pièces présentées (manuscrits, tableaux, lettres personnelles) provenant de collections particulières. Reste que  le livre de l'exposition retrace très bien celle-ci, que ce soit en explications et/ou en photos.