Dès la fermeture de mon magasin, elle s'accroche à moi comme la pauvreté sur le monde. Je traîne mon mal être dans les quartiers cosmopolytes et interlopes de Paris. De la place Blanche au Marais, en passant par la rue Frochot, la rue Saint-Denis, les Tuileries, la rue de Verneuil , l'Ile St Louis et, le Marais ou j'échoue lamentablement et inexorablement sur le comptoir d'un bar gay. Pour y tromper mon ennui et ma peur du vide, j'écluse une vodka pure et bien tassée avant de sortir draguer, en espérant ne trouver personne. Draguer tout en ne draguant pas, tout en draguant quand même.

Le Marais, lui toujours et encore, dont je croyais m'être éloigné définitivement après à ma rupture avec le hassidisme et qui me revient comme un boomerang en pleine figure. D'un côté le quartier juif, empreint de mélancolie, de souvenirs plus mauvais que bons,qui déverse sur les trottoirs ses magasins "Cacher", ses librairies et galeries d'art religieux, ses femmes en perruques accompagnées d'enfants portant païs et tsitsillot, hommes en caftan les jours de shabbat ou de fêtes religieuses comme en ce moment Roch Hachana. De l'autre, le quartier gay, avec ses magasins pas toujours de bon aloi, de sexe, de fringues, de librairies. Ses bars, ses restaurants drainant une clientèle homosexuelle en majorité masculine ; quoique les filles commencent à prendre timidement, mais fermement, possession des lieux surtout dans la rue du Roi de Sicile et bien plus loin dans la rue Saint Martin avec l'Unity Bar.

Sans vouloir offenser la mémoire de mes ancètres, je pourrai dire, qu'il y a un grand ghetto qui est le Marais, avec différentes enclaves : Gays, lesbiennes, et un endroit pour les Transsexuels (filles et garçons confondus) dans un bar  "Les Souffleurs". Bizarrement, nous (mon chéri et moi) qui avions horreur de nous afficher et lui plus encore que moi, sommes à l'aise dans ce quartier que nous fréquentons assidûment. J'y trouve des produits alimentaires et des restaurants slaves que nous affectionnons ainsi que des boutiques gays ou nous prenons la tendance du moment. Car bien évidemment et pour faire enrager les "bien-pensants", "nous" sommes souvent en avance sur la mode. Car il existe une mode gay, un art gay, une littérature gay, une actualité gay, voire une dépravation gay...

Mon amour étant parti en tournée à Berlin, je me retrouve seul à rôder dans les endroits que nous aimons et ou nous nous retrouvons régulièrement, à marcher dans nos souvenirs comme s'ils pouvaient disparaitre un jour. A travers ces errances, j'ai l'impression de me rapprocher de lui, de le frôler par la pensée.  Tout ça pour finir par rentrer, retrouver, sa minette qui m'attends impatiemment car elle aussi a besoin de compagnie et surtout de son maître. Moi, je ne suis que toléré en tant que main nourricière. Bon, voilà que je me montre odieux envers un innocent petit animal qui ne sait comment nous prouver son attachement, car ne vient-elle pas en l'absence du chéri squatter mon lit ? et oui !