Fin juillet, le temps étant fixé au beau, j’ai proposé à S… d’aller visiter Auvers-sur-Oise, que nous ne connaissions pas et qui recense nombre de musées dédiés aux Impressionnistes. Aussitôt dit, aussitôt fait.
Arrivés sur place, ce ne fût qu’enchantement, Auvers fait plus office de village provincial que banlieusard. Tout est calme, vert, accueillant. Les maisons sont anciennes pour la plupart et très bien entretenues. On sent la ville aisée.
Le voyage et le bon air nous avait un peu creusé et S.. avait faim. Quand roudoudou à faim, important, il convient de s’arrêter dans le restaurant le plus proche au risque de s'entendre dire plus tard, je n’ai plus faim, et là catastrophe pour le faire manger. Aussi avons-nous pris bonne table, en terrasse, dans une charmante crêperie ou nous avons fait honneur à une spécialité locale accompagnée d’une bouteille de cidre.
Et c’est l’estomac apaisé que nous avons pu entreprendre notre visite. Il existait un parcours guidé de 1 h 30 organisé par l’office du tourisme, mais rebelles au tourisme de masse, nous avons préféré aller à l’aventure, guidé toutefois, par des pancartes signalant les lieux intéressants.
Tout d’abord, nous avons vu dans le parc du musée d’Aubigny, si je me souviens bien, la statue en bronze de Vang Goh sculptée par Zadkine. Le visage ne semblait pas très ressemblant eu égard au portrait que nous connaissions et diffusé dans divers bouquins, mais l’ensemble était plaisant.
Nos pas, nous ont porté ensuite vers le musée de l’Abshinte, cet alcool qui rendait fou et, surnommé par ses habituels consommateurs, la fée verte, dont la dégustation est soumise à un rite immuable de verres, de cuillères particuliers. Une cuillère délicieusement travaillée et trouée en différents endroits est posée sur le verre qu’elle recouvre entièrement, ensuite vient un carré de sucre et dessus on verse «la fée verte». Le goût très fort 72 ° ressemble parait-il à l’anisette non sucrée. Verlaine, Toulouse Lautrec, et bien d’autres y étaient accros, et compte tenu des ravages qu’il faisait ce breuvage a été interdit. Remis au goût du jour, depuis quelque temps, il a considérablement été diluée et n’offre plus que le plaisir d’un alcool fort certes, mais beaucoup moins dangereux et donne l’illusion à certains de communier avec une certaine époque. Nous avons beaucoup aimé ce musée qui est privé, donc photos interdites, mais humm, que nous avons un peu transgressé.
A l’intérieur, un bar d’époque avec ses tables, et ses bouteilles particulières à robinet, y sont montrés. Une magnifique collection de cuillères à absinthe délicatement décorées, ainsi que différents verres sont soumis à l’appréciation des visiteurs, des tableaux, estampes, eaux-fortes, fin 19ème siècle début 20ème, nous montre des buveurs de cette boisson, tout d’abord des consommateurs dans les milieux aisés et à la mode pour en venir aux ivrognes et à leur déchéance, surtout dans les milieux populaires.

Le jardinet de ce musée est charmant avec la sculpture d’une biche d’une telle légèreté qu’au premier abord on ne la voit pas. Quelques pommiers tous aussi délicats proposaient des fruits encore vert mais bien tentants.

Nous sommes ensuite allés voir le château, qui en tant que tel, se situe dans un magnifique parc et est composé d’une jardin à la française, en terrasse, et d’une orangeraie. Nous n’y sommes pas rentrés, souhaitant voir le maximum de choses au dehors, compte tenu de la chaleur. Dans ledit parc, deux fontaines procurent un rafraichissement bienvenue : une ancienne, fort sympathique au demeurant, dont l’eau coule par la bouche d’une divinité marine, l’autre résolument moderne, en acier, dont la particularité est de réfléchir un arc en ciel. Mais malgré cela, elle dépare de beaucoup la majesté du site.

Revenu sur nos pas, avons visité le musée D’aubigny, qui soit dit en passant ne contient rien de bien intéressant, son intérêt provient surtout de sa relation avec Van Gogh.
L’escalier de guingois ainsi que l’Eglise d’Auvers rendus célèbres par les tableaux du peintre sont situés sur une petite colline ? Et sont intéressants, à plus d’un titre. Je croyais que cet escalier avait été peint de travers en raison, sinon d’un caprice du peintre, de la perturbation de son état mental. Je me suis lamentablement trompé.
L’église d’Auvers quant à elle est assez jolie, de pierres grises
, elle possède encore de superbes vitraux et est située sur une placette dont une partie est ombragée par quelques arbres, une petite pelouse laissée à l’état un peu sauvage et composée d’une petite rambarde de pierres.
Encore plus haut, bien plus haut se trouve le cimetière ou reposent les tombes de Van Gogh et de son frère. En y regardant de plus prêt, il s’avère que ce cimetière est dédié aux artistes peintres. Les tombes sont simples et couvertes de lierres. Les noms de l’artiste et de son frère figurent sur la stèle et une âme aimante y avait déposé des tournesols, fleurs emblématiques de l’artiste.

En redescendant, nous sommes entrés à l’Auberge Ravoux où a séjourné l’artiste. Cette auberge rendue célèbre par son illustre occupant, fait encore restaurant et musée tout à la fois. Nous avons pu voir la chambre restaurée en l’état, qu’occupait Van Gogh, pièce sous les toits, éclairée par un vasistas mais toutefois fort sombre aux plus hautes heures de la journée. Comme il n’avait pas le droit de peindre à l’intérieur, il partait tôt dès le matin avec tout son attirail dans les champs avoisinants pour s’adonner à son art. Bien que n’y ayant séjourné que 7 ou 8 mois, il réussit à produire 80 toiles.
Dans la salle à manger de l’auberge conservée en l’état on peut déguster du foie gras, et autres délicieux plats et savourer des cuvées de vins dont on peu voir les échantillons sur les étagères et dans la cour.

Nous sommes ensuite revenus prendre notre souffle sur les bords de l’Oise, avant de rentrer chez nous. Roudoudou était ravis et moi aussi. Attention la plupart de ces musées étant privés, il faut prévoir un budget de 5 à 6 euros pour les musées cités : Aubigny, Absinthe, Château, Auberge Ravoux, et je le répète les photos sont interdites à l’intérieur de ceux-ci (vente de cartes postales).