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10 octobre 2011

L'art réinvente le Corps

023Ali Mahdavi, autoportrait tiré de la série "as you desire me", 2001. Depuis sa série "Lifting" de 1998, Ali Mahdavi s'intéresse à la chirurgie dans ses pratiques esthétiques et cérémonielles : "... je tente une interrogation sur la volonté de changement d'identité dans ce qu'elle a de plus dramatique et de plus désespérée, puisqu'elle est toujours, à la base la réponse naïve et touchante à une frustration d'ordre narcissique..."

 

Mr Pearl

Collaborateur Leig Bowery, Mr Pearl porte le corset comme on adopte une philosophie de vie. Cette pratique dépasse chez lui la simple bizarrerie. Le corset représente à la fois son travail et sa passion, une exigence qui le pousse  à des extrémités dignes des performeurs les plus audacieux des années 1970. Après avoir étudié le  dessin et la danse, il créé son premier corset en 1985, Mr Pearl est devenu  maître incontesté de cet objet de contention qu'il confectionne à l'ancienne. Les grands couturiers Thierry Mugler, Christian Lacroix ou Jean-Paul Gaultier lui confient le modelage de la silhouette de leurs mannequins.

Comparant le corset à l'architecture Mr Pearl le justifie selon ce principe " la construction d'une maison nécessite des fondations" La performance du corsetier ne s'arrête pas à la centaine d'heures consacrées aux chimères de la mode. Progressivement, par le port de corsets de plus en plus serrés, sa taille s'est réduite à 46 cm de tour. Cette pratique a des répercussions sur sa vie quotidienne et exige une discipline de fer. L'usage réduit des poumons l'oblige à chuchoter par manque de soufle. Avant chaque rendez-vous, Mr Pearl prévoit une marge de temps suffisante pour pouvoir se déplacer lentement.Il ne peut s'alimenter qu'en petites quantités, réparties sur la journée. Toute émotion lui serait fatale019.

Dans sa série de portraits photographiques de Pearl, Ali Mahavi a immortalisé le tracé sinueux de sa silhouette de dandy, qui fait songer à une image virtuelle. Un même questionnement sur l'apparence et cette frontière entre réel et irréel rapproche Ali Mahdavi de son modèle.

018Dans une série d'autoportraits, l'artiste est contraint pas des instruments anatomiques de son invention à prendre des poses directement inspirées des magazines de mode des années cinquante.

 

 
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1 octobre 2011

Bravo !

C'est avec plaisir que j'accueille l'initiative de canal blog qui, je le suppose suite à de nombreuses et répétitives demandes, a décidé de créer une protection pour les blogs de sa plate-forme, en ajoutant une nouvelle fonction.

En effet, il était parfois pénible de savoir qu'un blog personnel, ouvert à titre privé, puisse être lu voire commenter par des personnes indésirables pour diverses raisons. Cette protection nous permettra de nous exprimer plus librement et de choisir avec qui nous souhaitons partager nos écrits et nos photos.

Aussi, me suis-je empressé d'activer ladite fonction sur un de mes blogs pour lequel je ne souhaite pas de "voyeurs".  Et je vais relayer cette information auprès de S... qui je suis sûr en sera ravi. En effet, nous envisagions de quitter cette plate-forme en raison du manque de possibilité de restreindre l'accès à nos blogs et ce, bien que la configuration du site ait été très facile pour des néophytes comme nous.

24 septembre 2011

Les bateliers de la Volga

 

Ah ! que l'aube est triste au vieux haleur
Sous la bise qui lui fend le coeur
La corde crisse, les eaux gémissent
Barques au front pesant
Glissent dans le vent.

Hole tire, marche tire
La corde t'usera les mains et les bras
Hola tire, marche tire
De l'aube jusqu'au soir, tire sans espoir

Ah ! les rêves bleus qui m'ont bercés,
Ah ! jeunesse et fleurs du temps passé
Tire les chaînes, tire tes peines,
Adieu les jours enfuis
Tire sans merci

 

31 juillet 2011

Quelques jours de vacances

P1070886Me voilà de retour chez nous après quelques jours de vacances. S… est en tournée à Chenai depuis deux semaines et demi. J’ai la garde de sa, non, de notre minette. Elle l’a cherché 3 jours puis comme moi elle s’est fait une raison. J’ai beau savoir que ces séparations sont inévitables, elles me plongent, toujours, dans une tristesse sans nom.

Notre dernier week end avait été non seulement agréable, mais torride ce qui rend son absence encore plus pénible. Nous étions en bord de mer, donc isolés de nos amis et relations. Sur les 4 jours passés ensemble, nous n’avons pu profiter de la plage qu’un après midi. J’ai été le seul à me baigner l’eau étant à température parfaite pour moi, mais glaciale pour S… Il a tout de même fait trempette (ses pieds) et est ressorti bien vite se réchauffer au soleil. Le mauvais temps nous a incité à flemmarder dans l’appartement et surtout au lit puisque nous étions l’un et l’autre fatigués tant physiquement et moralement.

La minette était ravie ayant son petit maître près d’elle toute la journée ou presque. Elle se conduit en chat-chien. Le magnifique panier que S.. . lui a acheté il y a 3 ans environ reste vide. Nous ne savons pas pourquoi il ne lui plait pas, donc, elle joue dame sécotine avec nous (hum surtout avec S…, moi, je ne compte que lorsqu’il absent).

Resté seul, j’ai pris le temps d’explorer les environs, me promener (entre deux éclaircies) sur les falaises. J’ai par ailleurs repéré un parcours de randonneurs balisé allant du Tréport à Criel sur Mer (11,7km) que nous j’aimerai faire avec S…. J’ai flâné dans le parc du Château de Eu et le long de la Bresle. Mais seul ce n’est pas le même plaisir. Je me suis offert quelques crises d’angoisses mal définies dans lesquelles j’ai bien cru me perdre. Quelques travaux dans l’appartement m’ont également occupés. Hum oui, S… et le bricolage c’est pas tout à fait ça. Ah si, il sait planter des clous sur les murs… Important pour fixer ses œuvres. Il m’a montré quelques toiles qu’il a peint. Il compte en offrir une ou deux à nos amies Maud et Chloé. P1070959

Le style et le sujet sont tout à fait différents de ce qu’il fait habituellement, ça surprend mais je crois que ça va leur plaire. En attendant qu'il trouve l'occasion de leur offrir, je compte bien qu'il fasse une nouvelle exposition et j'ai bien l'intention de m'en occuper. Je ne pense pas commettre une indiscrétion en vous en faisant profiter en avant première.

Plein de courage et de bonnes intentions avant de partir de Paris, j’envisageais de repeindre le balcon de l’appartement, mais je n’ai eu que le temps de le poncer, des trombes d’eau se sont abattues chaque fois que j’avais le pinceau en main. Compte tenu de la grandeur dudit balcon, je ne peux le faire par épisodes. Résultat, j’ai laissé tomber, j’espère simplement que la pluie ne vas pas trop l’abîmer.

J’ai profité du mauvais temps pour sélectionner quelques livres à mentionner sur le blog littérature, et fait des câlins sans compter à son petit montre à quatre pattes qui, ces deux dernières semaines, était particulièrement demandeur.

 

P1070979 

 

28 mai 2011

Lille

P1070133Comme convenu, je suis allez récupérer ma petite caille indienne à Lille, ses prestations étant terminées. Nous en avons profité avant de rentrer sur Paris pour visiter la ville et quelques musées.

Tout d'abord j'ai fait un voyage épouvantable et pourtant j'ai pris le train de 8h28 en 1ère classe pour être sur d'être bien installé et surtout "tranquille". Et non, ce n'était qu'une illusion. Dans le wagon avant le mien il y avait un groupe de je ne sais qu'elle "Association Machin" qui a passé son temps à brailler, à chanter et à faire C... tout le monde par le boucan qu'il faisait et leur allez-retour dans notre wagon pour chercher je ne sais quoi, je ne sais ou. Heureusement, le voyage ne dure qu'une heure. J'aurais voulu les piler sur place.

Je suis donc arrivé passablement énervé avec une migraine à piquer des gaufrettes. Pas question que mon compagnon me voit dans cet état. J'ai donc pris le temps de me calmer en marchant un peu à l'air frais avant d'aller rejoindre mon chéri. Il m'attendait avec Sathiya bien campé sur ses jambes, avec armes et bagages à ses pieds. Comme il fallait qu'il rende la chambre avant 10h30, nous avons laissé tout le fourbi chez un de ses collègues qui lui restait jusqu'à dimanche et nous sommes partis (presque bras dessus-bras dessous) visiter la ville.

Ma première impression lorsque j'étais venu une première fois, était assez négative. Il faut dire qu'il faisait froid, le ciel était bas et venteux et quelques grains tombaient. Je ne voyais à ce moment là que les côtés déplaisants de la ville : beaucoup de jeunes sdf, alcoolisés, et une faune auprès de la gare Lille Flandres que je n'aurais voulu croiser pour rien au monde la nuit tombée.

P1070324Je dois avouer que cette seconde visite, au soleil, même s'il y avait beaucoup de vent et qu'il ne faisait pas très chaud m'a un peu réconcilié avec la ville. Nous avons pu admirer l'architecture bien spécifique de ces villes du nord qui pour certaines me font penser à ces maisons typiques du pays flamand.

En tant que bon Parisien, j'avais tendance à considérer Paris comme le centre névralgique de la France tant au niveau culturel, qu'à celui de l'avant garde de la mode, bref de tout ce qui se faisait de nouveau en France. La province ne pouvant qu'être "en retard d'un métro" avec ses boutiques trop classiques et que parfois je jugeais un peu "gnangnan". Bah oui, méa culpa ! Lille est une ville pleine de jeunes, débordante de vitalité et surtout de magnifiques boutiques qui sont je dois le reconnaitre pour certaines beaucoup plus jolies qu'à Paris, tant pour le contenu qu'elle propose que pour le contenant, à savoir ou et la façon dont elles sont installées.

Il y a plein de petits passages menant sur d'autres ruelles, des places. Dans les rues piétonnes qui foisonnent, on trouve de sympathiques petits restaurants, des bars, des boutiques de vêtement et/ou d'antiquités. J'ai même découvert un luthier. Par contre ce qui est moins mais alors moins top, ce sont les pavés. Ah les pavés du nord, je comprend le calvaire des coureurs cyclistes lorsqu'il devait traverser Roubaix. Je ne sens plus mes pieds (au figuré) parce qu'au propre, ben c'est pas tout à fait ça et S... non plus. Nous nous les sommes tordus au moins autant que sur la plage du Tréport, avec la durée en plus.

Comme nous n'en pouvions plus les uns et les autres de marcher, nous avons fait halte pour déjeuner, nous avons pris alors bon c'est compliqué des flamunkuches, pas question d'avoir de la vodka donc j'ai fait cause commune avec la bière et mes compagnons se sont distingués en déjeunant avec du thé....Heureusement les patrons ont été compréhensifs au vu de leur origine...

P1070125Nous avons vu et visité en vrac : La Grande place avec le Béfroi, la place des Droits de L'homme, la Cathédrale Notre Dame de la Treille, le Vieux Lille, le musée de l'Hospice Comtesse, le Palais des Beaux Arts et l'exposition : Portraits de la Pensée - Vélasquez - Ribera - Giordano (ça m'a fichu le bourdon) faut dire qu'avec les peintres espagnols j'ai été gâté. Ils n'ont peint que des monstres, des difformes ou des suppliciés au garrot, à dégaut de Piéta.

Vers 16h30, nous nous sommes arrêtés à nouveau pour prendre une collation. Hum oui, avec deux indiens, l'heure du thé c'est sacré pas question d'y déroger. Thé pour ces messieurs, café pour moi et muffins aux fruits rouges pour tous. A j'oubliais, il y a un nombre incalculable de boulangerie-patisserie. Mais attention, pas la simple boulangerie ou on achète sa baguette, non la vrai, la belle avec toutes sortes de pains et des gâteaux., rien qu'en les regardant je prends trois kilos et les chocolats à se damner pour en avoir et se pâmer lorsqu'on les a enfin en bouche !

Ouais ben roudoudou est resté imperturbable, Môssieur fait le difficile, Môssieur aime pas le sucre, et ben Môssieur nous a regardé manger (pour moi c'était de la pure gourmandise et non de la faim). Nous sommes je ne sais comment "tombé" sur un bar gay "easy bar", mais j'insiste c'était bien un hasard, notre gaydar fonctionne bien semble-t-il !

Complètement lessivés, les pieds en compote et chargés comme des mulets (entre les spécialités culinaires et nos autres achats) nous sommes rentrés sur Paris par le train de 17h02 et comme à l'aller,le voyage du retour fût pénible malgré la 1ère classe : 3 gamins dont 2 tout petits qui crapahutaient partout, et hurlaient quand les parents leur intimaient de rester tranquille. Je ne suis vraiment pas fait pour avoir des mômes moi !

Nos photos personnelles sont là :

https://picasaweb.google.com/Wolitzcek/Lille# 

https://picasaweb.google.com/Wolitzcek/Lille2#

Je sais que Lille est le pays des moules et des frites, mais là, ils y sont allés un peu fort. Bah oui j'ai l'esprit mal tourné, mais bon, c'est de la provocation un tel intitulé...

P1070113

 

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28 janvier 2011

Le langota ou slip indien

En Inde, si les femmes ne montrent jamais leurs sous-vêtements, les hommes, eux, ne semblent avoir aucune gêne à étaler les leurs et à se montrer les fesses bien prises (ainsi que le reste) dans cette bande de tissu aux couleurs souvent très vives.

langoti

 

Elle se compose d’un triangle se prolongeant d’une longue bande de tissu. Leur dextérité pour ajuster ce vêtement sur leurs parties intimes sans jamais être impudique est quelque chose qui me fascine encore. Au point que j’ai demandé à mon compagnon qui porte ce sous vêtement, sous son dothi pour aller faire ses ablutions à la rivière, de m’expliquer comme la chose se met

Comme il n’était évidemment pas question que roudoudou accepte de se faire photographier pendant « l’opération » Les photos de la mise en place que j’ai trouvé sur un site indien sont dans l’album photos du blog intitulé Langota.

Le matin, la plupart des hommes se baignent avec celui de la veille. Puis, il enroulent la pièce de coton qui leur a servi de serviette autour de leur poitrine en la tenant entre leurs lèvres. Ils enlèvent alors le langota mouillé, s’emparent du sec, plient la longue bande à bonne mesure et la coincent dans leur bouche, passent le reste entre les jambes et le triangle s’ajuste sur les fesses. Ils croisent alors les cordons de l’extrémité du triangle sur le bas du ventre, et lâchent la serviette qui leur servait de paravent. Le reste de la longue bande (qui était coincée dans la bouche) est passée entre les jambes, s’accroche derrière, et le reste des cordons maintient le tout. C’est formidablement sexy.

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 Il est à noter que les hommes du commun en ont deux, pas un de plus. Lorsque l’un des deux est usé, quelques roupies suffisent pour en acquérir un autre. Ce vêtement, toujours en coton, est idéal pour le climat. Aucun élastique qui pourrait gêner ou échauffer et s’adapte parfaite aux mouvements du corps. Le langota sèche en quelques minutes et n’a nullement besoin d’être repassé. 

 

 

8 novembre 2010

Morne et triste journée

l_5185070212cc4d119c55b9346f06eb40Roudoudou tire une tête d'une aune, mais je ne lui en veux pas car je sais pourquoi. Quant à Babouchka elle me téléphone régulièrement 3 fois par jour pour me demander si je passe le dimanche et/ou le lundi... Elle veillit et cela m'attriste. Elle qui était si dynamique, si vive d'esprit comme de mouvements, devient malhabile dans ces gestes et sa façon de se déplacer, me raconte une histoire qu'elle me répète un quart d'heure plus tard, ne se souvenant plus me l'avoir déjà conté. Elle devient comme ces charmantes petites vieilles qui vous bourre de gâteaux et de confiseries lorsque vous passez chez elle et qui se raccroche à la vie en buvant vos paroles, même les plus insignifiantes. Elle calme mes ardeurs, mon caractère belliqueux et mes humeurs impétueuses par de doctes sentences comme seule savent les trouver les personnes âgées qui ont vécu. Ma babouchka, ma petite mère russe...

Décidément ce mois d'otobre a été néfaste pour S... et novembre ne s'annonce guère mieux. Si encore il faisait un froid sec, mais cette pluie nous rend tous morose. Avec une seule idée en tête rester chez soi au chaud, avec un bon bouquin, un verre de vodka et son amour à portée de mains. Je déteste être ainsi, rien ne trouve grâce à mes yeux, même baboucka qui s'est allée à me faire un bortsch pour le déjeuner et devant lequel j'ai trouvé le moyen de chipoter alors que d'habitude je me "tiens bien à table".

Pour l'instant, mon rayon de soleil de la journée a été de voir les prix littéraires. Je n'apprécie pas spécialement Houllebecq, j'aurais préféré que le goncourt aille à Mathias Enard pour son superbe livre "parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants", je suis content pour Virginie Despentes auteure engagée ayant son franc parler et ravi ainsi que roudoudou pour Abdellah Taîa qu'il ait le prix de Flore. Nous adorons ces livres écrits avec beaucoup de vérité, de sincérité et de délicatesse.

Roudoudou travaille ce soir, il va donc souper avec la troupe à la fin de la représentation. Shivana et moi allons donc diner en tête à tête, elle son steack haché et moi une omelette ça va vite à faire, c'est pas compliqué et ça remplit bien. J'irai chercher mon petit S...vers minuit. Hum oui, je ne suis pas tranquille lorsqu'il rentre seul à la nuit tombée surtout par les transports en commun.

26 septembre 2010

On s'occupe en attendant son retour !

6a00fad69941880004010980b47144000b_200piCette semaine aura été marquée par mon ennui, malgré une activité débordante. En effet, je ne sais si c'est à cause de la rentrée littéraire particulièrement intéressante cette année, mais ma boutique ne désemplit pas. Tant mieux, nous n'allons pas nous plaindre que "la mariée est trop belle". Le fait d'être seul, du matin au soir et du soir au matin me permet de mieux me consacrer à ma clientèle. Non qu'habituellement je la néglige, mais j'y suis peut être moins attentif ou du moins attentionné.

J'ouvre dès 8h30 le matin au lieu de 9h et j'ai déjà quelques fidèles. De ceux qui se lèvent à l'aube, aiment prendre leur petit déjeuner dans un café, voire dans une librairie salon de thé avec le journal du matin, et un thé l'après-midi avec un bon bouquin. Ce sont ces clients là qui m'intéressent. Ils sont à l'affût de la moindre nouveauté, raflant chaque mois nombre de magazines littéraires. Ils savent déjà tout ou presque sur ce qui est publié ou en passe de l'être et digne d'attention, sur le livre qui les intéresse et ils trépignent d'impatience dans son attente, venant me voir avec toujours les mêmes questions : La parution est prévue à quelle date ? l'avez-vous reçu ? puis-je vous le commander ?

A la réception des nouveautés, je n'ai parfois pas le temps de réorganiser ma vitrine, selon mon goût, que les fidèles sont déjà là attendant de pied ferme que je leur donne des informations complémentaires sur le titre tant convoité et si possible un avis. Certains "caressent", on pourrait dire, presque amoureusement l'exemplaire qu'ils sont sur le point d'acquérir et frisent l'apoplexie devant le choix des volumes proposés et/ou si par mégarde je suis en rupture de stock (qu'on se rassure, ç'est très rare, connaissant bien ma clientèle je sais ce qui peut l'intéresser).

Je dois dire que cette année, nous avons été particulièrement gâtés, les bons livres sont pléthore. Et c'est avec un plaisir non dissimulé que je m'efforce d'en lire un maximum pour ensuite conseiller. En ce moment, j'en ai trois en route qui meublent mes soirées et mes nuits en l'absence de Roudoudou. J'aime ces clients impatients, ils constituent le gros de ma clientèle avec qui la relation va plus loin que celle de client à vendeur/commerçant. Il m'arrive de nouer de véritables liens non seulement de confiance mais de sympathie avec eux et des conversations très intéressantes s'installent parfois autour d'un café ou autre. Lorsque Roudoudou est présent c'est un peu différent. Non qu'il m'empêche de travailler, loin de là, mais  les gens nous voyant ensemble hésitent à nous demander des renseignements, à nous interrompre. En général, ils leur est plus facile d'aborder une personne seule. C'est pourquoi lorsque S.... vient au magasin, il s'installe tranquillement et patiemment dans le fauteuil mis à sa disposition des mois auparavant, me laissant tout loisir de "bichonner" ma clientèle.

J'ai mis en place, comme beaucoup de libraires avant moi, une carte de fidélité accordant une remise de 5% en fonction du nombre de visites. C'est peu, mais nous n'avons pas le droit d'accorder une remise plus conséquente et c'est dommage. Car les grandes chaines telles la fnac, virgin et autres font la même chose et/ou accordent des "points" et ce, dès le premier achat d'où une bonne partie de cette concurrence importante. A nous de nous démarquer par notre affabilité, en invitant un auteur à venir dédicasser son dernier livre et ce n'est pas facile croyez-moi surtout, s'il en a déjà écrit un ayant connu un certain succès. Quant à ceux couronnés par un prix littéraire c'est quasiment impossible pour un petit libraire indépendant.

29 août 2010

Dasvidania 'Kjijif

Me voici de retour. Epuisé, fauché, mais très heureux. Le chirurgien m'a confirmé le bon état de ma santé, tout en me recommandant d'être prudent dans les sports (surtout ceux en chambre) mais hum, nous sommes l'un et l'autre raisonnable compte tenu de ma convalescence.

Schull_BerditchevSi kiev est une ville superbe l'hiver, qu'en dire l'été. Mon arrière grand-père disait que l'Ukraine était le grenier à blé de la Russie et je le crois sans hésiter. Etant seul pour quelques jours, j'en ai profité, après mes examens, pour visiter le Podol, ainsi que les petites villes alentours notamment celles qui ont abrité durant des siècles des communautés hassidiques de grande réputation, telle : Berditchev.

Je me suis recueilli au ravin de Babyn Yar puis sur les tombes des tsadikims avant de marcher sur les pas de rebbe Nachman à Breslov puis à Ouman. rabbi_nachmann

 

 Je n'ai retrouvé roudoudou que le 27 au lieu du 25 comme convenu précédemment. Aussi, pour me faire pardonner, je lui ai rapporté nos cigarettes préférées, des matriochkas Russe et Polonaise, des bols à bortch avec cuillières en bois, etc.. ainsi que 2 bouteilles de vodka l'une au poivre, l'autre au piment pour arroser nos retrouvailles. Du raifort, des beigels au pavot. Chargé comme je l'étais je ne suis pas passé inaperçu dans l'avion, idem qu'à la douane. Mais le principal était de faire oublier à mon amour mon retard et passer une très bonne soirée en sa compagnie.

15 août 2010

Départs

132_PAGE_ACette fin de semaine a été très chargée niveau émotions. S.... vient de partir à Londres pour son stage de danse classique (ballet). Moi je me prépare à m'envoler pour l'Est début semaine prochaine. Babouchka vient de récupérer notre minette, quant à Maud et Chloé, surtout Maud, elles ont pris en main le magasin, dès vendredi matin, pour que Roudoudou et moi ayons un week end en amoureux.

Comme à chaque fois qu'il s'absente, je me sens un peu désorienté, l'habitude de l'avoir "sous la main" pour tout ou presque ce qui est de l'organisation de notre foyer, je suis à présent devenu incapable de faire des projets sans lui. Vendredi soir, nous sommes sortis prendre un verre au "Wolf", en terrasse, nous étions bien. Les habitués sont calmes et d'un certain âge ce qui laisse présumer une certaine tranquillité. Pas de musique tonitruante, ni d'énergumènes parlant haut et fort pour se faire remarquer. Ensuite, nous sommes aller diner à "la Cafetière" où nous avons nos habitudes puis, nous avons fini la soirée dans un bar gay qui fait boîte de nuit au sous-sol. Là, petit pincement au coeur, car dès que S... se met à danser, tous les yeux se braquent sur lui. On voit tout de suite que c'est un professionnel, à côté, tous les autres mecs, moi y compris paraissent "lourds" sans grâce. Connaissant le milieu gay, je suis quand même attentif à ce qu'un importun ne vienne pas le draguer. (hum, oui, je suis un peu jaloux..). 

Je ne vais le retrouver si tout se passe comme prévu que le 25 août. En attendant, nous allons nous concentrer l'un et l'autre sur nos objectifs. J'ai repris la même pension hôtel qu'en Janvier 2010 et comme je suis dans un meilleur état de santé, je vais en profiter pour visiter Kiev dans les moindres détails. S... était un peu déçu de ne pouvoir m'accompagner mais, même s'il n'avait pas eu son stage, cela aurait été difficile. Financièrement  entre mes interventions chirurgicales du début d'année et cette visite privée à mon chirurgien, notre budget est sur la corde raide et je ne veux pas que mon amour mette en gage de nouveaux bijoux provenant de la dot de sa mère. Car avec quelques photos, c'est tout ce qui lui reste comme souvenirs.

 

 

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